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Tout commence aux sources

Vous avez volé la recette du cuisinier ?

· 3 min de lecture
Tout commence aux sources

Imaginez, vous avez commandé un plat dans un restaurant gastronomique. Le chef vous a préparé un mets exquis, vous l’avez dégusté avec plaisir, et vous l’avez payé au prix fort. En sortant, vous lui demandez : « Et la recette ? Je veux pouvoir la reproduire chez moi. »

Le cuisinier vous regarde, interloqué. Pourquoi lui demanderiez-vous ses secrets, alors que vous avez simplement acheté le résultat final ?

Pourtant, dans le monde de la communication, cette situation se produit régulièrement. Des clients attendent les fichiers sources d’une création graphique, d’un site web ou d’une vidéo comme s’il s’agissait d’un droit acquis. Or, la réalité est bien plus nuancée.

Distinguer ce que vous achetez VS ce que vous ne possédez pas

Quand une agence crée un visuel, un logo ou une campagne pour un client, deux choses distinctes sont en jeu :

> Le droit d’utilisation : Le client obtient le droit d’utiliser la création pour les usages convenus (sur son site, ses réseaux sociaux, ses supports marketing, etc.)

> Les fichiers sources : Ce sont les documents de travail bruts (fichiers PSD, AI, Figma, code non compilé, etc.) qui permettent de modifier, retravailler ou réutiliser la création

La première chose est généralement incluse dans le devis. La seconde, pas nécessairement. 

Pourquoi les fichiers sources sont-ils protégés ?

Plusieurs raisons légitimes expliquent pourquoi les agences ne livrent pas systématiquement leurs fichiers sources :

> Protection du savoir-faire : Les fichiers sources révèlent la méthodologie, les techniques et les choix créatifs de l’agence. C’est leur propriété intellectuelle.

> Responsabilité technique : Un fichier source modifié par quelqu’un qui ne connaît pas le projet peut créer des dysfonctionnements. L’agence ne peut garantir la qualité d’une version qu’elle n’a pas produite.

> Valeur commerciale : Ces fichiers représentent un investissement en temps et en expertise. Leur cession complète équivaut à vendre le capital de l’agence, pas seulement un service.

Comment clarifier les attentes dès le départ ?

Voici quelques bonnes pratiques :

À faire À éviter
Préciser dans le devis ce qui est inclus  Supposer que tout est compris sans le mentionner
Proposer une option “Cession des sources” contre supplément Refuser catégoriquement sans expliquer pourquoi
Définir clairement les droits d’exploitation dans le contrat : durée de cession, zone géographique, …  Utiliser un langage juridique trop complexe
Discuter des besoins spécifiques du client en amont Attendre la livraison pour aborder la question 

Et si le client insiste ?

Il existe plusieurs solutions intermédiaires :

> Cession partielle : Livrer certains fichiers sources avec des restrictions d’usage

> Tarification spécifique : Facturer la cession des sources comme un service additionnel

> Maintenance : Proposer un contrat de maintenance où l’agence reste responsable des modifications

Conclusion : une question de transparence

La relation entre une agence et son client doit être fondée sur la confiance et la clarté. 

Expliquez votre position, écoutez les besoins du client, et trouvez un terrain d’entente qui protège vos intérêts tout en répondant aux siens.

Après tout, personne ne reproche à un restaurateur de garder sa recette secrète. Pourquoi en serait-il différemment dans la communication ?